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Chômage des seniors : à 55 ans, jusqu’à 27 mois d’indemnisation et un maintien possible jusqu’à la retraite

Blandine Veyrac 7 min de lecture

Depuis le 1er avril 2025, la réforme de l’assurance chômage a relevé le seuil d’âge qui ouvre les règles les plus favorables aux seniors. Pour un demandeur d’emploi proche de la retraite, l’effet peut être sensible sur la durée d’indemnisation, la période de référence et le maintien des droits jusqu’à la retraite à taux plein.

Ce que la réforme change vraiment pour les seniors au chômage

La réforme ne crée pas une allocation chômage distincte pour les seniors. Elle relève surtout les seuils à partir desquels les demandeurs d’emploi bénéficient de règles plus favorables. Avant la réforme, le seuil le plus souvent cité était 53 ans. Depuis le 1er avril 2025, le palier principal est fixé à 55 ans.

Ce changement accompagne le recul progressif de l’âge légal de départ à la retraite, qui atteint 64 ans. L’idée est d’aligner les règles d’indemnisation sur les fins de carrière, tout en maintenant une obligation de recherche active d’emploi.

En pratique, l’âge au moment de la fin du contrat devient un repère central. Il influe sur trois points : la durée maximale d’indemnisation, la période de référence d’affiliation et, dans certains cas, les conditions de maintien des droits jusqu’à la retraite.

À partir de quel âge les règles seniors s’appliquent-elles ?

Moins de 55 ans : les règles de droit commun restent la base

Pour les demandeurs d’emploi de moins de 55 ans, la durée maximale d’indemnisation relève du droit commun. Elle peut aller jusqu’à 18 mois, soit 548 jours, après application du coefficient de 0,75 à la durée théorique. La période de référence d’affiliation reste en principe de 24 mois pour rechercher les périodes travaillées qui ouvrent des droits.

Réglementation de l’assurance chômage : la circulaire officielle 2025-03 — Consultez le texte de référence détaillant les règles d’indemnisation chômage en vigueur depuis le 1er avril 2025.

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La dégressivité de l’allocation peut aussi s’appliquer, sous conditions, lorsque l’allocation journalière dépasse un certain seuil. Le repère mentionné est de 92,11 € par jour. Les demandeurs d’emploi de 55 ans et plus sont traités différemment sur ce point.

À partir de 55 ans : un régime plus protecteur

À partir de 55 ans, les règles deviennent plus favorables. La période de référence d’affiliation passe à 36 mois, ce qui permet de tenir compte d’un parcours professionnel parfois moins linéaire en fin de carrière. Ce point compte pour les personnes qui ont enchaîné des contrats courts, connu des interruptions ou repris une activité avant la perte d’emploi.

La durée d’indemnisation augmente aussi. Entre 55 et 56 ans, elle peut atteindre 22,5 mois, soit 685 jours. À partir de 57 ans, elle peut aller jusqu’à 27 mois, soit 822 jours. Ces plafonds ne sont pas automatiques : ils dépendent des périodes travaillées et des droits réellement ouverts.

Un même dossier se lit mieux si l’on regarde trois éléments ensemble : l’âge à la fin du contrat, les mois réellement travaillés et la distance qui reste avant la retraite à taux plein. Ce n’est pas l’âge seul qui tranche, mais l’ensemble du parcours. Cette lecture évite une erreur fréquente, celle de croire qu’avoir 55 ou 57 ans suffit à ouvrir le maximum de droits.

Durée d’indemnisation : le tableau à lire avant toute estimation

Le tableau ci-dessous résume les principaux paliers à vérifier. Il donne une grille de lecture utile, mais ne remplace pas le calcul individualisé réalisé par France Travail lors de l’ouverture des droits.

Âge à la fin du contrat Période de référence Durée maximale d’indemnisation Repère pratique
Moins de 55 ans 24 mois 18 mois, soit 548 jours Règles de droit commun, avec dégressivité possible sous conditions
55 et 56 ans 36 mois 22,5 mois, soit 685 jours Premier palier senior depuis la réforme
57 ans et plus 36 mois 27 mois, soit 822 jours Durée maximale la plus longue avant le maintien éventuel jusqu’à la retraite

Pour ouvrir des droits, il faut justifier d’une durée minimale d’activité. Le repère général est de 130 jours travaillés ou 910 heures. Pour certains profils, notamment les travailleurs saisonniers, d’autres seuils peuvent être évoqués, comme 108 jours ou 758 heures, mais ces situations doivent être vérifiées selon le régime applicable.

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La réforme change donc la manière dont les fins de carrière sont sécurisées. Une personne de 54 ans peut être pénalisée si elle s’attendait à bénéficier des anciennes règles dès 53 ans. À l’inverse, une personne de 55 ans ou plus peut profiter de la période de référence élargie à 36 mois, ce qui peut améliorer la prise en compte de son historique d’emploi.

Maintien des droits jusqu’à la retraite : possible, mais pas automatique

Le principe du maintien jusqu’au taux plein

Un senior au chômage peut, sous conditions, continuer à percevoir l’ARE jusqu’à sa retraite à taux plein. Ce mécanisme vise les demandeurs d’emploi qui arrivent en fin de droits sans avoir encore réuni les conditions nécessaires pour liquider leur retraite à taux plein.

Le maintien n’est pas automatique dès l’inscription à France Travail. Il suppose d’être indemnisé, de remplir les conditions liées à l’âge et à la durée d’assurance retraite, et de ne pas pouvoir prétendre immédiatement à une retraite à taux plein. La situation s’examine selon le parcours individuel, les trimestres validés et l’âge légal applicable à la génération concernée.

Formation, prolongation et droits rechargeables

Une formation validée peut aussi prolonger la durée d’indemnisation. Dans certains cas, une prolongation est possible lorsque la formation s’inscrit dans un projet cohérent avec le retour à l’emploi. Les droits rechargeables peuvent également modifier la trajectoire si le demandeur d’emploi retravaille pendant son indemnisation.

Une reprise d’activité, même temporaire, peut donc changer les droits futurs. Une fin de formation, un contrat court ou une période d’activité partielle peut aussi entraîner un recalcul. Pour les situations proches de la retraite, un échange avec France Travail et la vérification du relevé de carrière restent utiles avant de tirer une conclusion.

Cas particuliers : ce qu’il faut vérifier avant de conclure

Certaines situations ne se lisent pas avec le seul tableau des âges. Les bénéficiaires d’un CSP, les intermittents du spectacle, les ouvriers dockers occasionnels ou certains travailleurs saisonniers peuvent relever de règles spécifiques. Il ne faut donc pas appliquer mécaniquement les plafonds de 18, 22,5 ou 27 mois sans vérifier le régime exact.

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Il faut aussi distinguer l’ARE et l’ASS. L’ARE dépend des droits ouverts au titre de l’assurance chômage. L’ASS peut prendre le relais lorsque les droits à l’ARE sont épuisés, sous conditions de ressources et d’activité antérieure. Pour un senior, cette distinction compte, car elle ne repose pas sur la même logique : l’ARE est liée aux cotisations et aux périodes d’emploi, tandis que l’ASS relève davantage d’un filet de sécurité social.

La dispense de recherche d’emploi ne doit pas être présumée. Les demandeurs d’emploi seniors restent en principe tenus d’actualiser leur situation et de justifier d’une démarche de retour à l’emploi, sauf disposition particulière. Les règles peuvent aussi évoluer selon les conventions d’assurance chômage et les textes d’application.

Pour vérifier une situation, il est utile de réunir trois documents avant tout échange : l’attestation employeur, le relevé de carrière retraite et la notification de droits France Travail. Les informations de référence publiées par l’Unédic et le dossier personnel sur France Travail permettent de confirmer les droits ouverts. C’est l’ensemble de ces éléments, plus que l’âge seul, qui permet de savoir si la nouvelle règle vous protège jusqu’à la retraite.

Blandine Veyrac

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